Congrès 2018

Le congrès de 2018 se tiendra sous le thème « Les professeures et les professeurs de droit, la liberté de pensée et la liberté d'expression ». Le programme du congrès n'est pas disponible pour le moment. Voici toutefois la description du thème du congrès :

Descriptif des thèmes abordés lors du congrès

 

VOLET 1 :  Les professeures et les professeurs de droit, la liberté de pensée et la liberté d’expression

Les universités constituent dans l’imaginaire collectif des lieux particulièrement propices à la valorisation de la liberté de pensée et de la liberté d’expression. En effet, les institutions universitaires reconnaissent à leurs membres, et en particulier aux professeurs, des droits qui leur permettent d’exprimer et de diffuser très librement leurs idées dans le cadre de leur enseignement et de leurs recherches (au travers en particulier de la liberté académique).

Le Congrès de l’APDQ sera, cette année, l’occasion de discuter de l’importance de la promotion et de la protection de la liberté de pensée et de la liberté d’expression au sein des universités, mais également de leurs modalités d’exercice et des exigences et limites qui peuvent les accompagner.

La protection et l’exercice de la liberté de pensée et de la liberté d’expression au sein des universités : réalité ou posture de façade?

Le mot « université » renvoie, dans son sens classique, à un ensemble, une totalité. On s’attend donc à ce que le milieu universitaire soit ouvert à toutes les réflexions, à la libre discussion sur tous les sujets. Mais certains reprochent au monde universitaire d’avoir développé une orthodoxie de pensée, d’avoir créé un contexte où la dissension est malvenue et où certains points de vue ne sont jamais remis en question ni certaines erreurs corrigées. Mais qu’en est-il vraiment? Jusqu’où peut-on pousser le sens critique dans le milieu universitaire? S’impose-t-il à l’université de faire place à tous les discours? Quelles sont les caractéristiques particulières de la liberté de pensée et de la liberté d’expression au sein des universités? En particulier, quel sens doit-on donner à la « recherche de la vérité » et à la « pensée critique » dans le milieu universitaire?

Les universités encouragent en outre la prise de parole publique et les interventions médiatiques des professeurs qui contribuent au rayonnement de l’institution auprès du grand public. Or, lorsque les propos de ces derniers dérangent, scandalisent ou embarrassent, la liberté de pensée et la liberté d’expression qui règnent au sein des institutions universitaires suffisent-elles à protéger les professeurs qui s’aventurent hors des murs de l’université? De surcroît, les libertés de pensée et d’expression comportent-elles des obligations, par exemple, à l’égard des communications dans les médias? Plus spécialement, à l’ère technologique où les professeurs de droit peuvent s’exprimer librement sur les divers médias sociaux (blogues, fil Twitter, Facebook, etc.) devrait-on (et si oui, comment?) dissocier les convictions personnelles des informations
divulguées à titre de professeur de droit? Certaines activités professionnelles sont-elles vraiment compatibles avec la responsabilité qui accompagne la liberté d’expression?

La liberté de pensée et la liberté d’expression et le métier de chercheur : un droit mobilisable à la discrétion du chercheur ou une obligation professionnelle et éthique?

L’exercice de la liberté de pensée et de la liberté d’expression peut être perçu non seulement comme un droit, mais également comme une obligation professionnelle et éthique de la part des enseignants-chercheurs, en particulier de la part des professeurs qui sont appelés à commenter, analyser et critiquer le droit et ses effets.

Dans le cadre de la pratique de la recherche, l’exercice de la liberté de pensée et de la liberté d’expression présente des défis en particulier au regard du financement (que celui-ci soit privé ou public). La liberté de pensée et la liberté d’expression peuvent-elles être garanties compte tenu des voies de financement actuelles? Existe-t-il des alternatives? De plus, toujours sur le plan de la recherche, l’évaluation par les pairs des demandes de subvention, des articles, etc., est-elle susceptible de freiner la liberté de pensée et la liberté d’expression? La censure est-elle présente? S’agit-il d’un cercle vicieux ou vertueux?

La liberté de pensée et d’expression et le métier d’enseignant : un droit sans limite ou l’existence d’une responsabilité spéciale vis-à-vis des étudiants?

Les enseignants-chercheurs bénéficient d’une très grande liberté d’exprimer leurs idées dans le cadre de leurs enseignements. Cette liberté est-elle sans limite vis-à-vis des étudiants ou s’accompagne-t-elle de garde-fous? Un professeur a-t-il une responsabilité quant à l’exercice de ses libertés de pensée et d’expression au sein d’une classe? L’exercice de la liberté de pensée et de la liberté d’expression dans le cadre d’un enseignement peut-il être réfléchi et mis en œuvre de la même manière que dans le cadre du travail de recherche et de publication? Les moyens technologiques permettant aux étudiants et étudiantes d’enregistrer intégralement un cours et, éventuellement, d’en diffuser, en tout ou en partie, le contenu via les médias sociaux constituent-ils un frein invisible aux libertés de pensée et d’expression des enseignants? Le professeur a-t-il la responsabilité de présenter un point de vue « neutre », c’est-à-dire de présenter les différents points de vue sans prendre expressément partie, ou doit-il avoir un enseignement engagé, bien qu’ouvert aux discussions et à l’expression des différents points de vue? Certains sujets doivent-ils faire l’objet d’avertissement quant au contenu abordé en classe (trigger warning), ou doivent-ils être ignorés de peur qu’ils ne heurtent certaines personnes?

VOLET 2 : Les enjeux juridiques des médias sociaux

Cette décennie a été marquée par le développement fulgurant des réseaux sociaux permettant une divulgation toujours plus grande des informations personnelles. Dans ce contexte, Me Andréa Isabelle-Roy identifiera les principaux enjeux juridiques que posent les médias sociaux : cyber intimidation, diffamation sur les médias sociaux et Facebook comme moyen de preuve. Les participants seront amenés à mieux comprendre les risques et les conséquences qui peuvent découler de l’utilisation des réseaux sociaux.

VOLET 3 : La réalité universitaire étudiante

Cet atelier, animé par les professeures Audrey Ferron Parayre et Josée Aspinall, sera l’occasion de discuter de la réalité universitaire dans les facultés de droit. Différents thèmes seront alors abordés, tels que la santé mentale des étudiants, la consommation de drogue/médicaments et la performance académique, la violence sexuelle, les mesures d’accommodements, l’intégrité académique ainsi que les demandes de révision de notes. Ces thèmes touchant l’ensemble des membres de l’APDQ reviennent constamment dans l’actualité :

Santé mentale
http://www.droit-inc.com/article21117-Les-etudiants-en-droit-sont-ils-malheureux

https://www.affairesuniversitaires.ca/conseils-carriere/conseils-carriere-article/la-sante-mentale-des-doctorants/

Drogue/médicaments
http://www.ledevoir.com/societe/sante/406770/desid

http://www.lecollectif.ca/sondage-sur-la-consommation-de-drogue-sur-les-campus/

Intégrité académique
http://montrealcampus.ca/2013/03/des-redacteurs-clandestins/

http://www.nytimes.com/2012/08/31/education/harvard-says-125-students-may-have-cheated-on-exam.html

Accommodements
http://www.uquebec.ca/reseau/fr/contenu/une-responsabilite-collective

http://www.journaldequebec.com/2017/04/18/deux-fois-plus-detudiants-a-besoins-particuliers

Distractions en classe
https://www.chronicle.com/article/The-Distracted-Classroom/239446

Violence sexuelle
http://www.ledevoir.com/societe/education/514180/universite-de-montreal-il-est-temps-que-des-chums-cessent-de-juger-des-chums

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1051687/violence-sexuelle-campus-politique-controversee-ontario

http://www.journaldequebec.com/2017/07/26/agressions-sexuelles-a-luniversite-laval-laccuse-pourra-etudier-a-luqar-campus-de-levis